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Lettre à mon fils…

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Mon très cher fils,

Tu as maintenant 41 ans. Je pense à ta génération, à ceux qui sont nés dans les années 70. Tes deux sœurs en font partie. À cette époque, j’avais 24 ans et je me lançais dans la vie active après des études universitaires. Ce n’était pas plus facile que maintenant de trouver un premier emploi ou de créer son entreprise.

Il fallait de la volonté, du travail, et le goût du risque. La réussite n’était pas forcément assurée mais on pouvait trouver sur son chemin des êtres humains pour conseiller, pour freiner la trop grande ardeur, pour montrer la voie de la raison.

C’est ainsi que j’ai créé l’affaire dans laquelle je travaille toujours. Je n’ai pas fait fortune mais j’ai fait face aux nécessités économiques de la vie et à celles nécessitées de votre éducation. Je sais que d’autres jeunes ont été plus gâtés que vous. Pas mal d’entre eux ne travaille toujours pas sérieusement et vivent d’expédients ou de crédit à la consommation. Et les parents, voir les grands-parents payent toujours et s’endettent eux-mêmes pour eux. Ma plus grande satisfaction, c’est de vous voir tous trois pourvus de diplômes et tous trois pourvus d’un emploi. Mon regret aujourd’hui, c’est de n’avoir pas fait plus pour que vous accédiez à un niveau plus important d’études. Ne commettez pas la même erreur avec vos enfants.

Heureusement, vous me paraissez pratiquer la maxime :  » la prudence est mère de sûreté ». Il est un autre adage qui me paraît bien adapté à l’époque : « le mieux est l’ennemi du bien ». Il est adapté parce que le monde est devenu très dangereux. Et je ne veux pas parler des attentats et des différentes catastrophes. Ce monde ne glorifie plus la réussite par le travail, le mérite, la compétence, l’honnêteté.

Il exalte le plus de jouissance et le toujours plus d’argent quel que soit le mode d’acquisition. Ce monde est plein de mauvais conseillers, de dealers en tout genre et de gens dangereux qui vivent sur le dos des autres en exploitant l’envie de jouissance, l’envie de puissance et de considération. D’ailleurs cette recherche est utilisée par une publicité que j’ai vu récemment sur les écrans de télé. Elle se termine par : « soyez vous, soyez fous ». En parlant de mauvais conseillers, de dealers, je pensais au système bancaire qui en est rempli. Les dealers ne sont pas que dans la rue. Et pour preuve je te raconterai juste une petite histoire.

Gérard a 36 ans, il va tout perdre. Gérard a fait des économies à l’époque où il travaillait chez un patron et ensuite pour lui-même dans sa branche d’activité. Avec son frère, sa mère, il a acquis un immeuble de trois étages. Lui est propriétaire du rez-de-chaussée. Il a réalisé lui-même des travaux d’embellissement. Il dispose donc d’un très bel appartement. Mais voilà, il va le perdre.

Voulant gagner plus, voulant aussi plus de considération en devenant commerçant, il acquiert une pizzeria qui est présentée comme une bonne affaire alors qu’elle est en fait déjà en péril. On est en 2005. C’est l’époque où les banques prêtent à n’importe qui, pour n’importe quoi comme le fait le dealer sans état d’âme et pour plus d’efficacité, les employés sont affublés du titre trompeur de  « conseiller de clientèle ». La simple vue du dernier bilan démontrait une surestimation du prix de vente et annonce la catastrophe prochaine. Mais, peu importe puisque la banquier prend la caution de Gérard qui est propriétaire immobilier. Il est couvert lui.

En quelques mois, il déposera le bilan et maintenant soit il vend lui-même ce magnifique appartement, soit celui-ci sera vendu aux enchères. Heureusement pour lui, il a compris l’erreur et il tente de vendre volontairement. Mais la conjoncture est mauvaise. Peut-être mais peut-être seulement, lui restera-t-il un petit solde lorsqu’il aura tout payer pour se relancer. Heureusement aussi, il n’a que 36 ans mais c’est l’âge limite.

Alors n’oublie jamais mon fils et dit le à tes sœurs que « les conseillers ne sont jamais les payeurs »et « on risque de tout perdre en voulant trop gagné ». C’est un autre adage très ancien. Finalement tous les anciens n’étaient pas si bête que cela. Vois tu tous les jours je pense à ma grand mère, décédée en 69, que tu n’as pas connu. Elle économisait pour acheter et refusait d’emprunter comme elle refusait sa signature sans voir son homme de loi. Elle refusait de signer même mon carnet de note quand je tentais d’éviter mes parents, les notes étant insuffisantes. Elle a fini sa vie en ayant conserver et améliorer son patrimoine.

Ton père qui n’a pas été toujours parfait.

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