Les taux négatifs décidés par la BCE représentent désormais une menace pour les banques allemandes, car celles-ci s’appuient grandement sur les intérêts des prêts et engrangent de très (trop?) nombreux dépôts d’argent. Selon les confidences au site économique d’un directeur d’une banque d’épargne non loin de Berlin, « ces temps-ci, il vaut mieux garder ses fonds en cash plutôt que d’aller les stocker à la BCE et ce malgré le risque, les coûts d’assurance et les questions de logistique que cela implique ».

Mais les chambres fortes allemandes sont désormais trop étroites pour accommoder la quantité de cash que les banques souhaitent entreposer. À tel point que bon nombre d’entre elles ont visiblement demandé à certaines entreprises, expertes dans la vente de métaux comme l’or et l’argent, de stocker leurs dépôts dans leurs coffres. Certains membres de l’opposition, au sein de la classe politique allemande, affirment qu’ils ne seraient pas surpris si, au vu de la situation, les secteurs de la fabrication de coffres forts et de la sécurité connaissaient un joli boom dans les années à venir.

Les Allemands et leur amour pour l’argent physique

Et les gros investisseurs ne sont pas les seuls à vouloir déposer leur cash dans les banques. Comme le rappelle Bloomberg, les particuliers allemands épargnent plus que la plupart des autres citoyens de l’Union européenne, mais assez précautionneux, ils investissent rarement sur des produits financiers risqués. Résultat : une grande partie de l’épargne est composée de billets de banque dormant dans des coffres. Jusqu’en 2017, estime la Bundesbank, l’argent cash représentait plus de la moitié des transactions financières enregistrées en Allemagne.

Conclusion: les allemands sont moins cons que les français.