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Usuriers ou escrocs ?

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Jeudi dernier, dans le cadre du magazine Cash Investigation, sur la chaîne de télévision France 2, était évoqué par l’opiniâtre et parfois dérangeante Elise Lucet le système des frais bancaires, sous le titre de Nos très chères banques.

La palette est large : agios, commissions d’intervention, frais de dossier, frais de gestion, cotisation carte bleue, frais de chèque de banque, frais de tenue de compte, frais de rejet de paiement, frais pour retrait d’espèces, frais de virement, commission d’achat à l’étranger, frais d’ouverture de crédit, frais de fermeture de compte, frais pour retrait au distributeur d’un autre établissement, commissions… que sais-je encore ? L’accalmie de 2015 sur les tarifs bancaires aura été passagère. Le banquier Emmanuel Macron a autorisé bon nombre d’établissements à faire payer plus cher les services de leur banque.

Déjà une enquête menée de front par le magazine Soixante millions de consommateurs et l’UDAF (Union des associations familiales) dévoilait les rouages d’un système prêt à tout pour remplir les caisses, dénonçant l’explosion des frais de découvert qui touchent en premier lieu les plus modestes. L’ensemble des seuls frais liés aux incidents de fonctionnement est extrêmement lucratif pour les banques de détail et contribue à hauteur de 30 à 35 % à leur chiffre d’affaires. Il aurait rapporté quelque 6, 5 milliards d’€ dans une année (chiffre confirmé à la télévision jeudi), que le Canard enchaîné (le 5-9-2018) qualifiait de « ponctions sauvages ».

Ainsi étaient fustigées certaines pratiques « de frais illégaux » liés aux découverts. Des groupes prennent désormais en compte le solde de fin de journée pour traiter les opérations débitrices des dernières 24 heures. Ainsi, si le compte en question termine la journée en compte négatif, même si ce n’est imputable qu’à la dernière opération de la journée, la banque pourra alors considérer tous les mouvements de la journée comme étant en incident et facturer 8 € de commission d’intervention par opération, y compris pour toutes celles qui ont été faites avec un compte créditeur ! Ainsi l’addition pourrait vite monter. Il s’agit d’une procédure « illégitime et, selon notre interprétation, illégale », souligne l’article du magazine, qui ajoute : « Prélever des frais d’incident sur une opération qui ne provoque aucun incident, cela s’appelle une facturation sans objet »…

C’était aussi, en janvier de l’année dernière, l’UFC-Que choisir qui adressait les mêmes reproches aux banques. Dans son étude, l’association relevait que les commissions d’intervention et les agios peuvent représenter jusqu’aux 2/3 des frais de compte pour les consommateurs en difficulté. Appel reçu par Bruno Le Maire. Le Ministre de l’Economie a toutefois estimé qu’il avait « besoin d’encore un peu de temps » pour discuter avec les associations et avec le secteur financier d’un vrai plafonnement efficace à 200 € par an des frais bancaires pour les foyers modestes : « Quand il y a une polémique de ce genre, une seule façon de la régler : la transparence ! ».

La loi essaie de limiter les sommes demandées, mais les banques contournent les obstacles. Dès qu’un des frais est plafonné, pourquoi ne pas en augmenter ou en inventer un autre ? Par exemple, on fait payer de 12 à 20 € le courrier envoyé à cette occasion (un timbre-poste coûtait 0, 97 € et est à 1, 08 € depuis ce premier janvier).

L’émission de télévision que je citais a aussi révélé une grande proximité, voire une osmose, entre dirigeants bancaires et la haute fonction publique, soulignant le cas de nombreux hauts fonctionnaires qui quittent le secteur public pour travailler dans le secteur privé. Elle évoquait une réunion conjoncturelle, le mois dernier, à l’Elysée, qui en comptait 8 sur 14 (dont Macron lui-même !). Et cela au nom de l’expertise. La confusion entre le secteur bancaire et celui du budget n’est pas forcément saine !

Dans la lutte contre les abus bancaires, la FNACAB (Fédération Nationale des associations contre les abus bancaires) est présidée par Me Alain Bousquet, avocat au barreau de Grasse (06). Naguère jeune avocat à Albi, il avait participé à mon aventure municipale albigeoise face à Michel Castel. Il est aussi l’auteur de deux ouvrages : Abus bancaires, comment faire face ? et Les banksters. L’association a mené quelque 6 000 actions, traitant en trente ans autant de dossiers, avec sa conclusion : « A ce niveau de prélèvements, cela devient un vol légal et impuni ».

En 1269, Louis IX expulsait les banquiers lombards qui, par l’usure, accaparaient les richesses du pays. Et aujourd’hui le banquier qui est à la tête de notre Nation ne fait pas sien, sans doute, le slogan de son prédécesseur Vincent Auriol, l’occitan de Muret, Ministre des finances en 1936 puis Président de la République : « Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme » !

Pierre Nespoulous

Source: la semaine de Castres et du Tarn


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